Les épaves du lac Supérieur
Le billet
d’aujourd’hui a été rédigé par Dave Sproule, notre spécialiste des programmes
éducatifs du patrimoine naturel (et passionné d’histoire).
Des milliers de bateaux, de navires
et de canots ont coulé dans le lac Supérieur au cours des siècles. L’Edmund Fitzgerald est simplement le plus célèbre d’entre eux,
et un des plus récents.
Le Charles Hebard est
un vapeur en bois avec un équipage de 14 marins qui s’est échoué sur
les rochers à la pointe Mamainse, juste au nord de la baie Pancake, en décembre
1902. Il a été « réduit en pièces par une forte mer ». L’équipage a
réussi à gagner le rivage, alors que deux des trois goélettes qu’il avait en
remorque sont parvenues à s’abriter dans la baie
Pancake. Les premiers membres de l’équipage à mettre pied à
terre installèrent une « chaise de gabier » sur une corde, du
navire à la rive, pour sauver les autres membres de l’équipage, dont le
cuistot du navire, Jennie Barnes.
Le Charles Hebard
Le William O. Brown,
une goélette en bois de 400 tonnes transportant un chargement de blé, s’échoua
également sur les rochers près de la pointe Mamainse, en route vers Buffalo, le
27 novembre 1872. Vers minuit, une tempête mit en pièces un des mâts, laissant
un trou dans le pont. La cale se remplit d’eau et le navire se brisa en deux.
Le W.O. Brown
Deux des membres d’équipage furent
balayés par-dessus bord, mais cinq réussirent à gagner le rivage, Tragiquement,
seuls trois d’entre eux survécurent à la neige et au froid. Plus tard, ils
récupérèrent et réparèrent un petit bateau du W.O. Brown. Après
plusieurs jours, ils gagnèrent la baie Batchawana à bord de cette embarcation
et trouvèrent un chantier forestier et la sécurité.
La brigade de canots
de lord Selkirk approcha de la baie Whitefish en
1816, transportant plusieurs partenaires de la Compagnie du Nord-Ouest. On
ramenait ces partenaires à Montréal pour subir leur procès pour le rôle qu’ils
avaient joué dans la bataille de la Grenouillère (la bataille des Sept
Chênes), au Manitoba. Des colons, dont le gouverneur de la région de la rivière
Rouge, avaient été tués dans une escarmouche avec des chasseurs de bisons qui
approvisionnaient la Compagnie du Nord-Ouest en viande pour les marchands de
fourrure et les voyageurs. Lord Selkirk, qui était un partenaire des
marchands de fourrures rivaux, la Compagnie de la Baie d’Hudson, arrêta
plusieurs partenaires de la Compagnie du Nord-Ouest à Fort William, et les fit
ensuite emmener en canot pour subir leur procès.
Comme la brigade de canots de la traite des
fourrures approchait de la baie Whitefish, une bourrasque se leva sur le
lac. Les voyageurs s’abritèrent derrière l’île Maple, du côté sud de l’entrée
de la baie Batchawana. Tous les canots, sauf un, purent s’abriter. Le dernier
canot coula avec neuf hommes, dont Kenneth Mackenzie, un partenaire de la
Compagnie du Nord-Ouest. Par un ironique renversement de situation, lord
Selkirk perdit son procès et fut ensuite poursuivi pour cet incident. Il perdit
sa fortune et mourut deux ans plus tard, complètement brisé.
Sur la piste des épaves d’Algoma
Vous voulez explorer les épaves historiques du lac
Supérieur? Prévoyez un voyage vers ces trois parcs :
Surplombant largement le lac Supérieur, le
belvédère Edmund Fitzgerald, dans le parc Pancake Bay, offre d’époustouflantes
vues panoramiques de la baie Whitefish, au sud, et de la baie Batchawana, à
l’est, ainsi que du paysage accidenté des hautes terres d’Algoma. L’Edmund
Fitzgerald gît à 18 km à l’ouest de la pointe Coppermine, qui se trouve
être la terre la plus proche, et le meilleur endroit pour voir où le gros
navire a sombré.
À l’ouest, le premier belvédère est directement
orienté vers la pointe Whitefish, dans le Michigan, où se trouve le Great
Lakes Shipwreck Museum et la cloche du navire. Un panneau d’interprétation, sur
la plate-forme du belvédère, raconte l’histoire de l’Edmund Fitzgerald, avec
une rose des vents pointant dans la direction où gît le navire. L’été, les visiteurs
du parc qui marchent jusqu’au belvédère (7 km aller-retour) peuvent
également voir des cargos des Grands Lacs passer, se dirigeant vers l’ouest et
la tête des Grands Lacs, ou vers le sud et les Écluses du Sault.

Les tempêtes et les histoires de naufrage du lac
Supérieur figurent en bonne place dans le centre d’accueil et la salle
d’exposition de ce parc, dont le titre, « La puissance du lac », est
approprié. On peut y voir une réplique à échelle réduite du phare qui
s’élevait à l’entrée du havre Gargantua et une maquette d’un des
remorqueurs qui naviguaient sur les eaux du parc, et on peut y prendre
connaissance de faits sur l’Edmund Fitzgerald, et de nombre d’étranges
histoires de navires sur le grand lac. Le parc contient plusieurs épaves, dont
une est visible dans le lointain havre Gargantua.
Neys raconte les histoires de la rive
nord du lac Supérieur au moyen de plusieurs éléments d’exposition et panneaux
d’interprétation dans son petit centre d’accueil. Le parc a beaucoup
d’histoires intéressantes à raconter, mais il présente également un artefact de
l’Edmund Fitzgerald : une bouée de sauvetage du navire trouvée sur la rive
du lac Supérieur, loin du site du naufrage. Pour en savoir davantage sur le
naufrage de l’Edmund Fitzgerald, voir ici.
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